Cela faisait près de 3 ans qu'on avait plus entendu parler d'eux, et voilà qu'en début 2005, les premières rumeurs sur leur come-back apparaissaient. De toute façon, " ... my Gorillaz will come again ... " avait chanter Damon Albarn en 2003, extrait de A Rappy Song sur Democrazy, son double vinyle de démos édité à 5000 exemplaires seulement, d'après ce que j'ai compris (comment être sûr, je n'ai pas trouvé de numéro sur le mien héhé) Et finalement, Albarn ne nous avait pas menti, Demon Days sortait en mai 2005.
Mais qu'attendre d'un groupe, ou plutôt du collectif mené par Albarn, ayant déjà concocté un album détonnant et complètement inattendu en 2001 ? A l'époque, on n'avait aucune vraie référence avant de découvrir l'album, d'ailleurs on découvrait l'album et le groupe à la fois, ses influences multiples, son mélange des genres et des cultures. Comment éviter pour les Gorillaz de se répéter, de nous pondre le même album ? Cela ne se terminerait-il pas dans une caricature d'eux-mêmes ? Bien sûr que non, malheureux !! Ils ont Albarn !! ... il faut que je me calme héhé ...

Déjà avec Blur, Albarn ne s'est jamais répété, chaque album est nouveau et frais. Et depuis quelques bonnes années, des influences de musique du monde apparaissent dans les compositions d'Albarn, souvenez vous de Think Tank de Blur en 2003, et de Mali Music en 2002, et bien sûr du premier album des Gorillaz en 2001. Demon Days s'offre un producteur différent de l'album Gorillaz, Danger Mouse remplace Dan The Automator. C'est regrettable car on avait adoré le premier album, mais c'est totalement logique : le concept gorillazien vit dans le mélange des styles et dans la variété de ses compositions. Il est absolument essentiel d'évoluer et de se renouveler (sans perdre nos deux co-créateurs, of course) et ce aussi dans l'apparition des guests, autre caractéristique importante du collectif (et de tout collectif) Au final, presque tout à changé, et Demon Days est parfait !!
Deux éditions ont été publiées, l'une simple, l'autre double et limitée. Passons l'édition simple ... L'édition limitée nous offre déjà un DVD bonus accompagné d'un joli petit livret noir. Sur le DVD, une piste bonus The Swagga, électro simple et sympatique, rien d'exceptionnel. La vidéo de Feel Good Inc., premier extrait de l'album, son 'making of animatic' et ses commentaires audio. Et deux G Bites, courtes animations mettant en scène Murdoc, 2D, Russel et Noodle, Talent Quest et On Set. Quelques accès sur le net, permettant entre autre de télécharger la piste Happy Landfill, très bon morceau bricolage saturé. Le livret est assez joli, nous proposant sur chaque page gauche un dessin de Jamie Hewlett introduisant le morceau, et sur la page droite les crédits et des extraits de paroles (oui, seulement des extraits ...) Quant au CD, il est rangé dans une pochette dépliante, un dessin pour chaque perso, c'est à nous de choisir lequel on veut sur la pochette, extra ! Première impression garantie (au moins pour les fans)

15 morceaux pour une cinquantaine de minutes, rien de choquant. Ah si, une intro ! L'ensemble des morceaux est assez harmonieux, mais sans aucune répétition. On retiendra des sons électro assez présents, une basse toujours aussi importante, voire plus encore, une batterie puissante et efficace, des instruments peu entendus jusque là chez les Gorillaz qui prennent toute leur importance ici, comme des violons et leurs frangins à cordes frottées, la guitare électrique n'est pas prédominante du tout, mais tout de même indispensable. Tout à l'air assez basique parfois, mais c'est tellement prenant, c'est de la pure merveille, de la magie, en plus le son est classe et propre. Les morceaux s'enchainent parfaitement, c'est effarant comme un seul et même album peut être homogène à ce point et nous proposer des styles musicaux variés. Electro, pop, sonorités dub, sonorités asiatiques, jazz/blues, rap, rock/punk, dance, gospel ... Ceci est complémentaire à la présence des guests : Neneh Cherry, Bootie Brown, De La Soul, Ike Turner, MF Doom, Roots Manuva, Martina Topley Bird, Shaun Ryder, Dennis Hopper, sans oublier la London Community Gospel Choir. Le terme d'homogénéité est peut-être un peu fort finalement. J'entend plutôt que Demon Days doit être écouté en commençant par le début et en continu jusqu'à la fin. Dans ce sens on a l'impression que l'enchainement des musiques est harmonieux. Ca commence par des chansons un peu sombres avec un soupçon d'espoir, puis on arrive vers des titres un peu plus tristes, mais jamais trop, pour ensuite traverser une musique classe et entrainante, un pic d'adrénaline, puis une descente vers un monde un peu étrange pour finir au paradis, magnifiquement froid. Certains morceaux semblent être les frontières entre ces différents mondes musicaux dans lesquels on voyage au cours de l'album. Ils ne font pas complètement partie d'un univers ou d'un autre, mais ils les associent à leur musique, et les frontières deviennent ainsi invisibles ou presque. Demon Days est un voyage dans un monde reflet du notre, un monde où vivent des démons, un monde où les moulins à vent volent sur des amas de terres, un monde magique et infini, dont on aimerait en apprendre plus sur un prochain album ! Evidement pour les moulins, il faut avoir vu les clips de Feel Good Inc et de El Mañana ... Et justement ce monde devient presque réel avec le talent de Jamie Hewlett, dessinateur des Gorillaz et de tout leur univers visuel. Le projet Gorillaz de Damon Albarn et Jamie Hewlett est tout simplement génial.

Gorillaz - Demon Days : 19/20
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